« On nous dit que les prisons sont surpeuplées mais si c'était la population qui était suremprisonnée ? » (Michel Foucauld)

Le GENEPI, késako ?

Le Groupement Etudiant National d'Enseignement aux Personnes Incarcérées (GENEPI) est une association de loi 1901 sans affiliation politique ni religieuse, créée en 1976. Son objet est de "collaborer à l'effort public en faveur de la réinsertion sociale des personnes incarcérées par le développement de contacts entre les étudiants de l'enseignement supérieur et le monde pénitentiaire" (art. 3 des Statuts).

Le début des années 1970 fut marqué par de violentes émeutes au sein des établissements pénitentiaires. Les pouvoirs publics décidèrent alors d'ouvrir les portes des prisons à des intervenants extérieurs. A l'initiative de Lionel Stoléru, conseiller technique à la présidence de la République, le Groupement Etudiant National d'Enseignement aux Personnes Incarcérées voit le jour le 26 mai 1976. L'idée est d'instaurer un lien entre les étudiants et les personnes détenues.

Depuis ce jour, ce sont chaque année plusieurs centaines d'étudiants (1 300 aujourd'hui) de toute la France et de tous types de filières qui s'engagent pour la réinsertion sociale des personnes incarcérées. Ces étudiants bénévoles interviennent chaque semaine dans plus de 80 établissements pénitentiaires pour partager leurs connaissances sous forme de soutien scolaire et d'activités culturelles et socio éducatives. Le GENEPI mène également une réflexion sur la prison et la Justice. Etudiants bénévoles intervenant en prison mais citoyens avant tout, les génépistes réfléchissent sur ce milieu qu'ils sont amenés à côtoyer chaque semaine. C'est une réflexion globale sur la société et la place de la prison dans cette société que le GENEPI essaie de mener. En complément de cela, le GENEPI communique sur le thème prison-justice dans le cadre de l'information et de la sensibilisation du public (I.S.P.). Dans la continuité de leur, certes petite, expérience du milieu carcéral, les genepistes informent la société pour la sensibiliser et espérer la mobiliser. Le milieu carcéral est en effet un sujet sur lequel tout le monde peut et doit se positionner. Ce n'est qu'ainsi que l'on peut espérer changer l'image de la prison dans la société.

C'est dans ce cadre qu'a lieu, depuis six ans, le Printemps des prisons.

Le Printemps des prisons : « Vous êtes dangereux ! »

Le Printemps des prisons est une campagne nationale de sensibilisation aux problématiques carcérales, chaque groupe local déclinant cette manifestation comme il le souhaite. Cette année, le thème national est : «Vous êtes dangereux ! ».

« Le Code Pénal français dispose que la loi punit les hommes et les femmes pour ce qu’ils ont fait, jamais pour ce qu’ils sont, et encore moins pour ce qu’ils seraient éventuellement, ou pour ce que l’on pourrait soupçonner qu’ils puissent être ou devenir. Seulement, la mécanique pénale, de plus en plus, s’intéresse aux gens « dangereux ». Elle fait de la « dangerosité » une catégorie, sinon punissable, du moins susceptible de modifier la punition. Prêtez à un individu la qualité d’être « dangereux », et cette étiquette vient s’ajouter au délit ou au crime. Elle donne même droit à un supplément de peine.

Le GENEPI affirme l’impossibilité de déterminer la dangerosité d’une personne et doute de la possibilité que des techniques d’évaluation précises soient un jour disponibles.

Le Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées a donc décidé, cette année, de profiter de la sixième édition du Printemps des prisons pour dénoncer la création d’infractions psychologiques, de crimes de caractère. On est désormais puni parce que l’on est « dangereux », parce que l’on n’est pas comme il faudrait ? Si la dangerosité est une possibilité de délit ou d’infraction, aucune loi ne devrait autoriser à punir une simple virtualité. Je suis dangereux, tu es dangereux, ils sont dangereux, nous sommes dangereux… Vous êtes dangereux. Qui ne l’est pas ? » (Présentation nationale du Printemps des prisons 2010).

Le festival Taul’Art, version Toulousaine du Printemps des prisons, aura lieu cette année du 25 avril au 2 mai. Il s'agit d'utiliser les arts pour évoquer la prison et la justice. Depuis six années déjà ce festival se déroule un peu partout dans Toulouse et a organisé des évènements aussi variés que du graff, une batukada, des concerts, des quizz etc. autour de ces thématiques prison-justice.

Le lundi 26 avril 2010, à 20h30, nous serons au Paul (université Paul Sabatier) pour un ciné-débat autour d'un documentaire sur la rétention de sureté.

Pour plus d'informations sur le programme de cette année, rendez-vous sur le site internet du GENEPI Toulouse : http://genepitoulouse.free.fr/

Fantine (bénévole du GENEPI Toulouse)