Alors voilà, j’ai la chance d’avoir pu partir en ERASMUS chez nos voisins les espagnols. Or justement, vu d’ici, le discours suspicieux de nos militants toulousains, stipulant que Bologne nous tombe à tous sur le coin de la figure -et pas que pour les bons côtés qu’on pourrait lui trouver-, ce discours que vous aurez sûrement entendu plus au Mirail qu’à l’Arsenal paraît moins exagéré qu’on peut l’entendre dire.
Je m’explique. Je suis cette année dans la charmante petite ville d’Oviedo qui, outre le fait d’avoir été le lieu de tournage de Vicky Cristina Barcelona et de balancer par les fenêtres argent et eau pour nettoyer chaque jour pas moins que tout le centre ville au karcher, voit s’appliquer au sein de ses universités le processus de Bologne sans résistance notable.
Le décor étant planté, entrons dans le vif du sujet : l’an dernier deux professeurs du département de science de ma fac sont partis à la retraite ; sauf que voilà leurs postes n’ont pas été remplacés. Je ferai la liste des remplacements auxquels nous avons eu droit un peu plus tard, juste le temps de dire que les informations que je vous transmets proviennent du discours de l’un des professeurs remplaçants, et ont été confirmées par mes compagnons de classe.
Ceci étant dit, autant décrire la situation de façon chronologique. L’année a commencé avec un léger retard : deux semaines de cours en moins pour la classe d’histoire moderne. Un professeur prend donc en charge la discipline ; ah oui, mais seulement trois semaines… En fait, l’administration n’a pas nommé de professeur titulaire pour l’année. Non, il s’agit d’un professeur provisoire, parce que ce qu’il fait ce ne sont ni plus ni moins que des « heures sup ». Or dans le monde de l’enseignement, elles ne sont pas extensibles à volonté… Et mon professeur n’avait de disponibles que le nombre d’heure qui correspond à cinq semaines, et comme il peut les répartir comme il veut, il a préféré nous les donner en deux fois. Voilà donc que nous changeons d’enseignant. Changement immédiat, mais qui débouche sur des précisions et rectifications à n’en plus finir sur le déroulement des cours et des exams. Non, parce qu’il y a un protocole administratif tout de même… Il a seulement la fâcheuse tendance à changer du tout au tout selon les interlocuteurs. Enfin passons.
Noël arrive sans soucis, les exams tranquillement aussi, mais vient la rentrée. Et le premier enseignant reprend les cours, pour deux semaine, nous expliquant bien cette fois comment va se dérouler l’année puis nos partiels. Seul petit heurt, les heures de cours se chevauchent cette fois avec les cours d’histoire contemporaine dont notre enseignant est titulaire. Pas de chance, nous n’assisteront qu’à deux tiers des cours, enfin, jusque là je chipote. Mais si vous m’avez bien suivie jusque là, vous savez tout comme nous autres que le professeur n’était là que pour deux semaines. Et bien non, j’ai du griller une étape, parce que le remplaçant lui n’a été prévenu que deux semaines après. Lui n’avait que cinq heure de cours pour nous.
Alors rebelote, une semaine sans cours. Je n’ai pas reprécisé que chaque changement ouvre le débat sur l’organisation des examens, que chaque enseignant tient absolument à nous exposer, pour bien nous expliquer que la décision ne lui appartient pas, mais qu’il va se renseigner pour que nous en soyons informés. Pour le moment, nous avons repris les cours avec l’enseignant su premier semestre, mais la tempête fait rage à l’horizon : il ne pourra pas finir l’année étant donné son quota d’heures.
Les professeurs ont présenté fait remonter le problème au niveau de ce que l’on peut appeler le rectorat. Mais celui-ci a répondu qu’il ne pouvait rien faire, si les professeurs titulaires n’ont pas été remplacés, c’était pour une raison de type économique… Celle-ci restant d’actualité, il faudra attendre encore quelques temps avant d’obtenir une réponse plus constructive.
M.Z.



On en parle au terrier