Lors de la journée ensoleillée du 24 février 2010, à la terrasse d'un café, j'entends au loin un tumulte étrange. Qu'est ce donc que ce remue-ménage qui semble se rapprocher lentement de la préfecture ? Et oui ! Ce sont bien les bombes de bals, rythme connu des manifestations toulousaines, qui précédent une horde de "vieux" !
Étonnée de cette armée grisonnante, et, flairant l’anguille, je pars en quête d'information. Entre quelques débrayages pour les régionales, qu'entends-je ?
Depuis 2003, des réformes gouvernementales sur le système des retraites s'opèrent. La revalorisation annuelle des pensions se fait maintenant au premier avril, et non plus début janvier. De plus cette augmentation (ou pas) ne sera point perçue durant les 3 premiers mois. Plus aucun doute, le gouvernement a un sacré sens de l'humour !
Suite aux crises successives, le niveau de vie de nos retraités diminue chaque année. La retraite moyenne est de l'ordre de 700 à 900€. Or le taux d'augmentation des prix de 2010 est estimé à 1,2% ! Pourtant le gouvernement a décidé de diminuer les retraites de 0,1 a 0,2%. Presque rien me direz-vous, possible... Mais cela reste totalement absurde et illogique. Alors que le coût de la vie augmente, où est la légitimité à diminuer leur pouvoir d'achat ? La réponse gouvernementale va à contre sens. Tous les syndicats pensent qu'une augmentation des emplois et des salaires serait déterminante dans la réévaluation des futures retraites. Les intérêts de la jeunesse et des retraités sont communs et en phase. Aujourd'hui de nombreux retraités sont en situation précaire. Les dépenses mensuelles pour une mutuelle devraient augmenter de 5%, cela fait quelques euros de moins sur la retraite. De plus 30% des maisons de retraite sur Toulouse sont dans le secteur privé. « Où vont les vieux toulousains à revenu modeste ? »
Le ton est donné : une augmentation du niveau de pension et des ressources ainsi qu'une véritable prise en compte des problèmes de santé et de dépendance est la clé. « L'argent public de nos impôts et de la sécurité sociale doit servir à l'usager et non aux actionnaires ! »
Une délégation représentant toutes les organisations syndicales de retraités est entrée dans la préfecture. Ils se sont déclarés « de l'UMP » et ayant « une motion pour leur préfèt » exigeant :
- la revalorisation annuelle des pensions au 1er janvier ;
- l'accès aux soins de qualité pour tous ;
- le refus des franchises médicales, des dépassements d'honoraire, du secteur optionnel ;
- la suppression de la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité à l'Autonomie) et la prise en charge par la Sécurité Sociale du handicap et de la dépendance ;
- qu'aucune retraite ne soit inférieure au SMIC porté à 1600€ ;
- l'indexation des retraites sur les salaires et le rattrapage des sommes dues ;
- 300€ de rattrapage mensuel immédiatement et pour tous ;
- le refus de la remise en cause des avantages spécifiques aux femmes ;
- la suppression de la décote pour le calcul des retraites ;
- que la pension de réversion soit portée à 75% de la pension du conjoint défunt.
Mais estimons nous heureux en France, la retraite fonctionne selon le système de répartition et non celui de capitalisation. En effet, depuis 1945, notre système est basé sur la solidarité entre les générations. Chose sûre : nous aurons une retraite, quels que soient les événements. Mais ça ne va peut être pas évoluer dans le bon sens..
Anna-L



On en parle au terrier