Mercredi 10 février, chez Paul : une vingtaine de personnes autour d'une table. À l'initiative des deux associations, on y débat sur le retrait des troupes de l'Afghanistan.

Petit rappel sur la guerre :

La guerre a débuté en Afghanistan en 2001. Une guerre éclair ? Cela fait presque 10 ans qu'elle dure ! Au début, nombreux étaient ceux qui pensaient qu'elle ne durerait point, et qu'elle était une vengeance légitime des USA... mais au lieu « d'installer la paix » nous avons, en une décennie, construit la guerre. Rien n'est stoppé, la seule chose que l'on enterre, c'est les hommes. L'année 2009 a été la plus meurtrière : 2500 civils. La culture du pavot augmente (46% du PIB), la résistance ne fait que se renforcer au détriment de la sécurité des civils, sécurité mise à mal depuis longtemps, suite aux occupations successives du pays (URSS puis États-Unis). Le constat est clair : « l'importation de la démocratie par les armes ne fonctionne pas ! »

L'investissement militaire et financier versé pour les « projets à impacts rapides » furent dénoncés par de nombreuses ONG, ces projets étant plus à visée de communication que d'aide des peuples. Quant aux militaires, on demande leur retrait immédiat : « peut-on décemment demander aux forces militaires de reconstruire un pays alors qu'elles ont contribué activement à sa destruction ? »

Petit rappel sur les "pourquoi" des "comment ":

Les USA se sont intéressés à l'Asie Centrale avec les découvertes de gisements de ressources pétrolières et gazières, tout autour de la mer Caspienne. Cependant, l'acheminement de ces ressources nécessite la construction de pipelines passant par les pays frontaliers. Les USA, et notamment la compagnie pétrolière Unocal, voulant éviter la Russie ou l'Iran, s'intéressent à l'Afghanistan. Ce dernier étant en guerre civile, les États-Unis décident de l'aider à trouver un gouvernement stable.

Ainsi, en septembre 1996 les talibans ont pris le pouvoir à Kaboul, avec l'aide des USA. Mais les talibans peinent à contrôler le pays, alors que leur image internationale se dégrade (droits des femmes, Ben Laden...). Les relations se dégradent entre les talibans et les USA. En 1998, Unocal retire ses bureaux de Kaboul.

En août 2001, les négociations entre les talibans et les USA sont rompues. Le 11 septembre permettra aux États-Unis de justifier leur entrée en guerre contre les talibans, toujours dans le but de stabiliser le pays pour la construction du pipeline.

Bien qu'Hamid Karzaï (ancien conseiller d'Unocal en Afghanistan) soit installé au pouvoir, la situation conflictuelle avec les talibans bloque toujours le projet de pipeline (qui pourrait voir le jour en 2018, alors même que la Russie et l'Iran construisent des pipelines concurrents).

Trois raisons pour les USA à cette guerre ?

Si l'histoire du pipeline est emblématique de l'impérialisme étasunien, d'autres raisons s'ajoutent à cette guerre :

  •  une volonté hégémonique (déjà en Irak) ;
  • la nécessité de faire fonctionner l'économie de l'armement ;
  • le besoin politique de définir un nouvel ennemi.

« Ce n'est pas la théorie des chocs des civilisations qui crée la guerre, mais l'inverse. » On retrouve ce besoin d'un ennemi dans toutes les guerres : ici l'islam – bien pratique, c'est là où est le pétrole.

Opposition / Résistance :

Sur place, il existe des groupes de résistance progressistes, mais les contacts sont difficiles. Cependant, une question se pose : savoir qui soutenir : uniquement les groupes « progressistes », ou tous les groupes résistants (quelles que soient leurs idées – y compris les talibans) ? Le droit à l'auto-détermination des peuples ne peut s'exercer que dans un pays non occupé, la priorité est de libérer le pays de l'occupant.

Et après ?

Notre dette envers l'Afghanistan est réelle. Si les occupants (y compris la France !) partent, il faudrait que leur défaite soit reconnue comme telle - et donc qu'ils payent pour la reconstruction. Le retrait doit être immédiat, pour que ce soit une réelle défaite, et que ce soit l'Afghanistan lui-même qui choisisse sa reconstruction.

Responsabilité et prise de conscience :

Alors que les guerres impérialistes des États-Unis sont de plus en plus contestées, pourquoi le mouvement anti-guerre reste-t-il si faible ? Il est certes difficile de se sentir concerné par ce qui se passe à l'autre bout du monde. Pour autant les activités économiques entre les États-Unis et l'Europe d'une part, et les territoires en guerre d'autre part, n'ont jamais cessé, et entretiennent ces guerres.
« Pour que les choses changent, soyons la majorité qui demain aura les rennes ! »

Florian & Anna-L