Début décembre a eut lieu le vote du budget du CROUS pour l'année 2010, petits éclairages chiffrés, et critiques !

Le budget décortiqué :

Pour commencer, un petit bilan de ces dernières années. Il est simple, le CROUS a été en déficit les quatre années précédentes. Et malgré ce constat sans appel, les moyens alloués au CROUS par l'Etat sont encore en baisse. Lorsque Pécresse annonce des hausses de moyens pour les CROUS, ces augmentations de subventions de l'Etat ne sont que fictives, car même si les chiffres sont bien en hausse, c'est en raison de transferts de compétences. Par exemples, les aides d'urgences pour les étudiants étaient jusqu'à 2008 gérées par le CNOUS (c'estàdire au niveau national), elles sont maintenant gérées par les CROUS sous le nom de Fond National d'Aide d'Urgence. En fait, si l'on regarde en détails, la subvention de fonctionnement de l'Etat est en fait en baisse, de 0,85% cette année...

On assiste à un réel désengagement de l'Etat dans le financement de l'aide sociale. Pour financer le fonctionnement du CROUS (les salaires des personnels ouvriers, l'entretien etc.), l'Etat verse 33% de la somme, quand l'activité du CROUS finance 58%. Et l'activité du CROUS, c'est la restauration et l'hébergement, ou encore ce que les étudiants paient ! En bref, les étudiants autofinancent en partie l'action sociale qui leur est destinée... un comble.

Ce désengagement de l'Etat se traduit aussi dans le financement des constructions et rénovation de logements en particulier, puisque pour 2010, il verse 7,9 M€ quand les collectivités locales en verse 7,6M€, une somme très similaire. Alors on peut se poser la question de l'égalité territoriale : puisque ces actions au combien nécessaires (seulement 27% des logements sont rénovés, on arrivera péniblement à 55% en 2010) dépendent de financements locaux et en particulier de la santé financière et du bon vouloir des régions !

Et les conséquences concrètes :

En 2010, l'augmentation des moyens alloués à l'aide d'urgence n'est que de 3,55%, alors que le ticket RU augmente comme chaque année de 1%, et que les loyers ont augmentés de 3%. Vous avez fait l'addition : en 2010, le CROUS ne sera pas en mesure d'aider plus
d'étudiants, et ne pourra pas mieux les aider, alors que le besoin est réel. En effet le montant alloué au FNAU est si faible que des critères ont du être mis en place afin de limiter le nombre d'étudiants bénéficiant de cette aide afin d'être sûr de ne pas utiliser l'intégralité de l'enveloppe avant la fin de l'année. Le résultat, c'est que des étudiants sont laissés dans des situations difficiles.

Les conséquences de ces budgets serrés se font aussi sentir dans la qualité des services, de la qualité des aliments servis au RU, à la qualité de l'accueil dans les logements. Tout cela au grand dam des personnels dont les conditions de travail se dégradent. Car si le volume d'activité du CROUS augmente (plus de logements, plus de repas servis, plus de dossiers traités), ce n'est pas le cas des effectifs de personnels administratifs et de production.

En conclusion...

Le réengagement de l'Etat dans le financement des CROUS est plus que nécessaire pour que ceux ci puissent mener à bien leur mission de Service Public. Rappelons que 20% des étudiants ont un emploi auquel ils doivent consacrer plus de temps qu'à leurs études et que 10% ont eu recours à un prêts...tout ça pour palier le manque d'aides sociales. Et si le nombre d'étudiants aidés doit augmenter (les étudiants non boursiers représentent la majorité des étudiants ayant besoin d'une aide d'urgence), il en est de même pour la qualité des aides accordées. En effet 36% des étudiants ayant eu besoin d'une aide d'urgence sont boursiers échelon 5 ou 6, et ces aides sont liés pour 22% à de l'aide alimentaire, et pour 31% à une aide au logement...Deux domaines dans lesquels le CROUS a pour mission d'aider les étudiants.

Romain, SUD Etudiant, élu CA du CROUS