Encore aujourd'hui les homosexuels sont exclus du don du sang sous prétexte d'être une population à risques. Qu'ils soient hommes ou femmes, bien trop souvent leur « candidature » est refusée sans prise en compte du questionnaire prédon. Leur honnêteté et les tests faits sur les poches de sang récolté n'ont pas l'air de s'appliquer pour eux !

Nous avons tous en mémoire les déclarations de Mme Roselyne Bachelot, au sujet du retour des homosexuels dans le circuit transfusionnel ; et ce juste avant qu'elle ne devienne Ministre de la santé.

Il était désormais devenu inutile de s'abstenir de prélever le sang des homosexuels, dangereux même pour le stock de poche de sang, et qui plus est dépassé de part le haut niveau de sécurité sanitaire du système transfusionnel (dixit l'ancien président de l'EFS, M Hardy)...

Et pourtant, une fois investie officiellement dans sa fonction, elle prit le temps de la réflexion (sic). C'est bien connu, un non-ministre n'est pas pourvu de cette capacité neurologique.

Puis réunit les experts.

Et enfin devint formelle.

Oui, la population homosexuelle est environ 100 fois plus contaminée que celle hétérosexuelle. Il faut donc les exclure ! Anerie en forme de déduction...

Plutôt que de s'offusquer de ce revirement de position, analysons rationnellement si possible quelques raisons mises en jeu ; profitonsen pour démontrer également les erreurs de raisonnement à l'origine de cet arrêté ministériel du 12 janvier 2009.

Sur le plan politique, et sans faire d'analyse politicienne partisane, force est de constater qu'en 2007 l'actuel chef de l'Etat fût élu en bonne partie grâce aux voies de l'extrême droite.

Par conséquent, que ce soit sur l'intégration de la Turquie en Europe par exemple, ou bien sur l'ensemble de la question LGBT, le Président de la République est obligé pour des raisons purement électoralistes de ne pas blesser cet électorat là.

De plus, les homosexuels affirmés ne constituent pas un bloc électoral homogène par rapport aux « ultra conservateurs », par conséquent ils sont minoritaires en terme de voix susceptibles de faire basculer une majorité...

Sur le plan purement scientifique maintenant, abordons la justification de l'exclusion (pardon, la contre indication !) de cette minorité sexuelle.

L'argumentation principale repose sur « ils sont X fois plus contaminés », « la probabilité de transmettre le HIV est ainsi X fois plus élevée ».

Ce raisonnement était en partie vrai avant 1985, quand nous ne disposions pas de test HIV fiable. Désormais nous en avons deux, le dernier permettant de déceler une contamination récente de moins de 15 jours.

Deuxième objection : ce raisonnement pour être vrai nécessite un prélèvement aléatoire de la population homosexuelle. Or nous savons tous que devenir donneur de sang, n'est pas un événement aléatoire. C'est un engagement. Et ce, d'une personne libre et res
ponsable. Une personne désireuse de sauver des vies et par conséquent répondant avec sincérité à l'entretien médical, abordant avant même que l'on ne lui pose la question, une éventuelle prise de risque « sexuel » ou d'autre nature.

Troisième objection : L'Italie, l'Espagne et le Portugal prélèvent leurs homosexuels.

Quand bien même auraitil pris le « risque » de les prélever, depuis 2006 pour le Portugal ils auraient fait machine arrière s'ils avaient eu ne seraitce qu'une contamination imputable au prélèvement d'un gay.

Ainsi, au carrefour des contingences politiques et du principe de précaution, et conséquemment de l'absence de responsabilité des élus et des experts ; voici comment une partie de la population est livrée en pâture au bon sens populaire, faisant d'elle le bouc émissaire idéal dont l'exclusion justifie à elle seule la quête « irréfutable » d'une sécurité sanitaire décidément si proche de zéro...

Nous parlons bien entendu ici du zéro absolu de la réflexion.

En guise de conclusion, gageons que la Ministre de la santé sera en mesure de nous faire à nouveau une danse dont elle seule a le secret. Nous restons persuadés qu'à nouveau la communauté gay appréciera à sa juste valeur l'esthétique pirouette d'une vache aux sabots roses.

Fred, un homodonneur

EFS : Etablissement Français du Sang

LGBT : Lesbiennes, Gays, Bisexuel et Transsexuels