À l’heure d’aujourd’hui qui, sur les uni­ver­si­tés Tou­lou­sai­nes, n’a pas de carte moneo ? Per­sonne !

En effet, depuis cette année, la carte moneo a fusionné avec la carte étu­diant. Nou­vel­le­ment nom­mée la carte MUT (Mul­ti­ser­vi­ces de l’Uni­ver­sité de Tou­louse) nous l’avons tous, sauf si elle ne s’est pas déjà fait la malle au détour d’une poche !

Un petit his­to­ri­que

Depuis 1999 un cer­tain nom­bre de ban­ques tente de pro­pa­ger une idée de porte-mon­naie élec­tro­ni­que. La carte moneo naît, avec une petite com­mis­sion ver­sée pour cha­que achat aux ban­ques par­te­nai­res (cel­les qui ont le mono­pole du mar­ché). Ne le cachons pas : cette solu­tion n’a eu que peu de suc­cès. En 2005 moneo intè­gre des ser­vi­ces sup­plé­men­tai­res et se tourne vers les CROUS, CNOUS et Uni­ver­si­tés pour enfin décol­ler. Séduite alors par ces nou­vel­les pos­si­bi­li­tés, l’uni­ver­sité adopte moneo. Les per­son­nels et étu­diants ser­vi­ront de trem­plin pour con­qué­rir de nou­vel­les con­trées.

Aujourd’hui le PRES de Tou­louse et moneo son­gent à y asso­cier d’autres ser­vi­ces : la car­tes Tis­séo, l’abon­ne­ment vél’Ô Tou­louse, nos car­tes de fidé­lité.. En allant plus loin, véri­fier et con­trô­ler l’accès aux sal­les (cours, TD, labo…) ou encore voter par carte MUT aux elec­tions du CROUS. Affaire à sui­vre…

En pra­ti­que :

Quel que soit notre pen­chant poli­ti­que le cons­tat crève les yeux : le CROUS se meurt.

Et pour­tant il a investi 230 000€ dans ce ser­vice MUT. Les loge­ments sur Tou­louse man­quent tou­jours, le pour­cen­tage de bour­ses dis­tri­buées est tou­jours insuf­fi­sant, de même pour les allo­ca­tions. Tou­tes les aides socia­les man­quent tou­jours.

Cette tech­no­lo­gie doit elle spo­lier les inves­tis­se­ments du CROUS dans les aides socia­les ?

De plus cette carte devrait faci­li­ter le paie­ment. Pour des petits mon­tants ou par man­que de mon­naie, payons avec cette carte. Or le mon­tant mini­mum de char­ge­ment est de 10€. Dans l’absolu ce n’est pas si impor­tant, mais dans le rela­tif de la vie d’un étu­diant cela peut poser pro­blème. Tout le monde n’a pas néces­sai­re­ment la capa­cité et la faci­lité de met­tre 10€ à cha­que char­ge­ment. Et encore moins de payer 15€ pour la faire refaire alors que l’ancienne carte étu­diante était gra­tuite !

Par ailleurs, on voit de plus en plus fleu­rir dans les ser­vi­ces auto­ma­ti­ques l’obli­ga­tion de payer par carte moneo (lave­ries des cités U de Tou­louse, les dis­tri­bu­teurs auto­ma­ti­ques de Paris VIII…). Cela démo­tive des voleurs poten­tiels, mais une per­sonne hon­nête n’ayant pas de carte (ou per­due) ne peux plus laver son linge ! D’autres ter­mi­naux de paie­ment obli­gent à insé­rer la carte moneo même si elle ne sert pas à payer. C’est une carte mémoire qui sto­cke tou­tes les infor­ma­tions, lieux, dates… de la tran­sac­tion.

Dans cer­tai­nes Uni­ver­si­tés on véri­fie les car­tes d’étu­diant à l’entrée, dans d’autres la carte MUT per­met d’accé­der à cer­tains bâti­ments de recher­che 24H/24H. La carte sert alors à fil­trer les accès (dans cer­tai­nes filiè­res la pré­sence est obli­ga­toire : au CROUS une non assi­duité impli­que une sup­pres­sion de bourse).

Cette carte a été pen­sée pour nous aider, mais ne sou­lève–t-elle pas plus de pro­blè­mes qu’elle n’en résout ? Nous n’avons plus le choix de payer avec ou sans carte. Une con­cur­rence naît entre cer­tai­nes ban­ques (par­te­naire ou non). Une con­cur­rence et une dis­cri­mi­na­tion naît aussi entre les con­som­ma­teurs en fonc­tion de leurs fonds. L’accès aux sal­les per­met d’auto­ma­ti­ser et de géné­ra­li­ser les con­trô­les de pré­sence et de faire remon­ter ces infor­ma­tions au CROUS ou autres.

Les nou­vel­les Tech­no­lo­gies d’Infor­ma­tion et de Com­mu­ni­ca­tion (TIC) se char­gent alors de sto­cker, ficher et trans­fé­rer les infor­ma­tions lors de tou­tes les uti­li­sa­tions de la carte MUT (fichage à grande échelle ?). Quoiqu’il en soit, les ban­ques ne recu­lent pas devant l’uti­li­sa­tion de l’image de l’étu­diant comme trem­plin vers un autre mar­ché. Leur plan éco­no­mi­que reste sim­ple : exploi­ter ce nou­veau filon.

Anna-L

Sour­ces :