Puisque le feu et la mitraille,
Puisque les fusils les canons,
Font dans le monde des entailles
Couvrant de morts les plaines et les vallons,
Puisque les hommes sont des sauvages
Qui renient le dieu fraternité,
Femmes debout ! femmes à l’ouvrage !
Il faut sauver l’humanité.
Refuse de peupler la terre
Arrête la fécondité
Déclare la grève des mères
Aux bourreaux crie ta volonté
Défends ta chair, défends ton sang
À bas la guerre et les tyrans !
Pour faire de ton fils un homme,
Tu as peiné pendant vingt ans,
Tandis que la gueuse en assomme
En vingt secondes des régiments.
L’enfant qui fut ton espérance,
L’être qui fut nourri en ton sein,
Meurt dans d’horribles souffrances,
Te laissant vieille, souvent sans pain
Est-ce que le ciel a des frontières ?
Ne couvre-t-il pas le monde entier ?
Pourquoi sur terre des barrières ?
Pourquoi d’éternels crucifiés ?
Le meurtre n’est pas une victoire
Qui sème la mort est un maudit
Nous ne voulons plus, pour votre gloire
Donner la chair de nos petits.
Refuse de peupler la terre
Arrête la fécondité
Déclare la grève des mères
Aux bourreaux crie ta volonté
Défends ta chair, défends ton sang
À bas la guerre et les tyrans !
Paroles de Montéhus, musique de Chantegrelet
Écrite en 1905, cette chanson a été interdite pour incitation à l’avortement. Dans ses autres textes de la même époque Monthéhus s’oppose à la guerre, à l’exploitation capitaliste, à la prostitution, à la misère, à l’hypocrisie religieuse… En 14, il change de camp et écrit des chants militaristes_: personne n’est parfait, mais je ne vais pas m’étendre là-dessus. Reste que trois quarts de siècle avant les mouvements féministes, la Grève des mères présente une image de la femme active, espoir de l’humanité, qui reste assez rare pour être rediffusée aujourd’hui.
Lucile


On en parle au terrier