Les trois sujets d’actualité de l’Arsenal sont liés les uns aux autres. L’arsenal est la seule fac toulousaine a être officiellement totalement en faveur de la LRU et du plan Campus (dont elle fait partie) et à l’affirmer haut et fort. Ces convictions transparaissent déjà dans la politique de l’administration.
L’UT1 change de nom et devient l’« Université Toulouse 1 Capitole »
Pour être une université d’élite, il faut un nom d’université d’élite, afin de se démarquer le plus possible des facs de banlieue, ces facs qui tombent en ruine et s’enfoncent dans la décrépitude ou qui sont le bastion de diverses résistances tout à fait contreproductives. Quoi de mieux que le symbole du capitole ? Le Capitole, l’hyper-centre de Toulouse, résonne avec le Capitole de Washington et celui de Rome. La nouvelle UT1, l’Université Toulouse 1 Capitole, transpire la respectabilité et la visibilité internationale : tant mieux ! Si tout s’arrêtait là, il n’y aurait pas de problème.
Projet de suppression de l’UFR d’économie
Dans le mail du Président Bruno Sire (voir plus bas) annonçant aux étudiants le changement de nom de leur université, il est précisé que le terme « sciences sociales » n’est pas représentatif des disciplines enseignées à l’Arsenal, ce qui est vrai. Pour qu’il n’y ai plus d’ambiguïté sur le champ disciplinaire de la fac, le président précise que la mention « Droit, Économie, Gestion » sera apposée au nom de la fac.
Pourtant en juin dernier, le CA a voté un projet de suppression de l’UFR d’économie d’ici 2011. La licence d’économie de l’UT1 sera remplacée par une classe préparatoire à la « Toulouse School of Economics » (en anglais ça fait mieux), école intégrée à la fac (comme l’IAE).
Pour ceux qui ne sont pas familiers des structures de l’UT1, les écoles intégrées font partie de l’université mais ont une sélection à l’entrée et des frais d’inscriptions libres, et plus élevés que dans les UFR «_classiques_».
L’argument principal de la présidence de l’Université est bien connu et n’est pas critiquable : une revalorisation des diplômes universitaires est nécessaire. Reste que des filières compétitives et payantes en économie et en commerce existent déjà, et Toulouse a une réputation qui n’est plus à faire grâce à la Toulouse School of Economics et à l’ESC.
Bien qu’il soit loin d’être parfait, le système d’enseignement supérieur français actuel a l’avantage de proposer aux étudiants un panel large de types de formations et de cursus. Les grandes écoles sélectives coexistent avec des facs qui restent ouvertes à tous, bouillonnantes d’activités, de recherches et de réflexions. En France, lorsque nous voulons nous rendre à un endroit, nous avons souvent le choix de prendre l’autoroute ou la nationale. Dans un cas, vous payez et arrivez au but vite. Dans l’autre, vous ne payez pas, vous profitez du paysage et arrivez au but en prenant le temps. Cette possibilité de choix est une richesse et le même raisonnement s’applique aux universités : supprimer une UFR pour la remplacer par une classe préparatoire c’est rendre l’autoroute obligatoire. C’est dénier aux étudiants le droit de choisir.
Nous reviendrons peut être une prochaine fois sur la façon cavalière dont cette mesure a été votée en CA, mais en attendant nous vous renvoyons vers les syndicats de l’Arsenal pour toute question.
La légion d’honneur à Bruno Sire, félicité par la ministre de l’enseignement supérieur en personne.
Le président de l’UT1 a été fait chevalier de la légion d’honneur par Valérie Pécresse, le 10 septembre. Ni les étudiants ni leurs représentants n’ont été autorisés à entrer dans l’amphithéatre qui abritait la cérémonie, donc nous voilà réduits à vous citer la Dépêche du 11 septembre : « […] la ministre a salué [Bruno Sire] en sa qualité de “pionnier de l’autonomie des universités”. Formé à la gestion des ressources humaines, brillant universitaire d’abord employé dans une entreprise privée, Bruno Sire a en effet “saisi dès son élection à la présidence l’opportunité de l’autonomie”. Il entend bien se servir de ce levier pour “porter au plus haut l’excellence de cette université aux multiples facettes (droit, économie, gestion…)”, héritière directe de la première institution fondée à Toulouse il y a près de huit siècles (1229). »
Il est beau d’être reconnu à sa juste valeur ! Grâce à des projets comme la suppression de l’UFR d’économie, l’UT1 va surement rentrer dans le classement de Shanghai, ça valait bien une médaille !
Lucile
Mail de Bruno Sire aux étudiants
« En 1972, notre université a reçu pour nom_: “Université des Sciences Sociales Toulouse 1”. En 1987, l’intitulé d’usage est devenu “Université Toulouse 1 Sciences Sociales” de sorte que l’établissement est connu depuis en tant qu’UT1. Mais le qualificatif “Sciences Sociales” prête à confusion […].
Depuis la rentrée 2008, dans la perspective de son accession à l’autonomie en janvier 2009, j’ai souhaité que s’instaure un débat, au sein des différentes instances décisionnaires, sur l’opportunité de changer de nom. […] A l’issue de cet échange la nécessité d’un changement s’est imposée et la référence au Capitole a réuni de nombreux intervenants. […]
J’ai donc le plaisir de vous annoncer que notre université s’appellera désormais:
Université Toulouse 1 Capitole (Droit, Economie, Gestion)
Ce nom prendra effet au 1er septembre 2009, à l’occasion de la rentrée universitaire. »
Bruno Sire
Ce mail a été envoyé mi-mars, le lendemain d’une des rares AG mouvementées de l’Arsenal. Un tel sens du timing n’a pas aidé les mobilisés de l’UT1 à voir cette annonce comme anodine.



On en parle au terrier