La Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités préparée par Valérie Pécresse et votée en Aout 2007, est tout particulièrement critiquée pour avoir été initiée sans concertation avec les acteurs du monde universitaire. La question est donc de savoir dans quelles conditions cette réforme visant à l’autonomie des universités a été véritablement votée.
En réalité, le gouvernement aurait travaillé 60h avec des syndicats personnels, enseignants et étudiants pour coécrire la LRU. Bien évidemment, tous les syndicats n’étaient pas présents à la table des négociations… et 60h de discussion ne sont elles pas dérisoires face à l’ampleur du travail que nécessite la reconstruction de l’Université française ?
Ainsi, après avoir obtenu le retrait des passages jugés les plus scandaleux (comme la sélection à l’entrée en Master) les syndicats étudiants, l’ UNEF et la Cé, ont cosigné la LRU.
Mais ces syndicats représentent-ils l’ensemble des étudiants, qui sont pourtant tous directement concernés par la loi sur l’autonomie?
Ensuite, nous pouvons nous demander pourquoi Valérie Pécresse a fait voter la LRU en express, alors que la communauté universitaire était en vacances…
- est-ce par crainte d’une contestation universitaire ?
- ou pour atteindre avant l’échéance de 2010 les objectifs du processus de Bologne (signé en 1999) ? Autrement dit, sa politique vise-t-elle avant tout la création d’un espace européen d’enseignement supérieur ?
La LRU ne tombe pas du ciel mais s’inscrit dans la logique
européenne d’adaptation de l’Université à la loi du marché. D’ailleurs, la LRU a ses jumelles dans les pays voisins, qui subissent déjà les conséquences de l’autonomie (ou privatisation ?) comme la hausse des frais d’inscriptions.
S’il est vrai que le système d’éducation français a besoin d’être réformé, doit-on pour autant accepter une loi allant à l’encontre des principes mêmes de l’université française? Peut-être que la majorité des présidents d’universités s’est déclarée favorable à cette réforme (sans doute parce qu’elle accroit leur pouvoir…) mais n’oublions pas les 53 universités bloquées cette année suite à l’union des étudiants, personnels et enseignants autour du même mot d’ordre : abrogation de la LRU !
Par ailleurs, la quasi-censure médiatique des motifs du mouvement nous montre biens les enjeux politiques et économiques d’une telle réforme.
Dès lors, la mobilisation anti-LRU n’est-elle qu’un caprice de plus d’une minorité d’extrêmes gauchistes (comme le disent certains) ou une lutte universitaire légitime? Je prendrais en charge un prochain article où il s’agira, justement, de voir en quoi la LRU doit être (ou non) abrogée pour sauvegarder une Université critique et populaire.
Michael



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