À coups de lois successives, la législation relative aux personnes étrangères (hors communauté européenne) se durcit de plus en plus : suspicion permanente des étrangèr-e-s et blocages administratifs, conditions de délivrance des titres de séjour de plus en plus difficiles à remplir, chasse aux sans-papiers. A la fac, la situation se durcit également.
Il y a encore quelques années, un-e étudiant-e étranger-e pouvait assez facilement être soutenu-e par les instances de l’université quand il/elle rencontrait des problèmes d’inscription ou de titre de séjour ; depuis quelques années, la suspicion et les blocages administratifs fleurissent à l’université Toulouse le Mirail. « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde au Mirail », « on ne peut pas maintenir en apnée des immigrés illégaux ». Ces phrases prononcées par des personnes importantes de l’administration du Mirail (DIVE et CEVU), concernant l’inscription d’étudiant-e-s étrangèr-e-s, témoignent du regard porté par l’administration : un-e étranger-e qui s’inscrit à la fac le fait pour avoir des papiers, à moins qu’il ne prouve le contraire au moyen d’un parcours excellent, obligation que le personnel administratif ne fera jamais peser sur un-e étudiant-e français-e!
Quand un-e étudiant-e issu-e d’un pays non membre de l’UE dépose un recours face à un refus d’inscription, ou demande le soutien de la fac face à une décision d’expulsion prise par la préfecture, on fouille maintenant son parcours dans les moindres détails, pour vérifier qu’il/elle est vraiment « méritant-e ». De plus, l’administration de la fac semble, depuis récemment, projeter d’institutionnaliser le « tri » des étudiant-e-s étranger-e-s, en mettant en place une commission d’étude des demandes. Ce ne serait plus le vice-président du CEVU qui examinerait les demandes de recours, mais un jury qui déciderait entre « experts » des « bons » et des « mauvais » étrangers, pratiques jusqu’ici réservées aux préfectures et aux tribunaux. Il faut dire qu’au Mirail comme dans d’autres facs en France, on a pu s’entendre rétorquer que si l’on acceptait trop « facilement » les étudiant-e-s étranger-e-s, cela allait détériorer les relations avec la préfecture : la soi-disant autonomie que fait passer en force le gouvernement n’a décidément d’autonomie que le nom…
Le mouvement étudiant a adopté des revendications concernant les étudiant-e-s étrangères pour exiger de l’université :
- que, conformément à une circulaire de 2002, elle ne contrôle pas la régularité du titre de séjour des étudiant-e-s étranger-e-s ;
- qu’elle ne procède pas à un « tri » de ces dernier-e-s, en soupçonnant derrière chaque démarche d’inscription ou de changement de parcours un-e « immigré-e illégal=e » ;
- qu’elle s’engage véritablement pour défendre ceux/celles de ses étudiant-e-s qui sont victimes des persécutions du ministère de l’identité nationale et de l’immigration ;
- qu’elle cesse de permettre les contrôles au faciès et les rafles aux abords de l’université.
RUSF



On en parle au terrier