Ou petit historique de la mobilisation de 2009 à l’UTM

Commençons par le commencement :

Comment en sommes nous arrivés aux piquets de grève ?    

L’AG des étudiants de l’UTM a établi que nous étions en grève contre la LRU et que nous portions également des revendications à l’échelle locale. Il faut bien rappeler ici que, dans un contexte de grève déjà, l’objectif est d’établir un rapport de force, puisque nous suspendons en théorie le travail jusqu’à obtenir au minimum des avancées sur les revendications du mouvement. Or la présidence ne s’est positionnée par rapport à aucune de nos revendications, qu’elles soient locales ou bien nationales. Si elle avait été d’accord avec nous, elle se serait elle-même porte parole de nos revendications au sein des instances qui pouvaient y répondre. Mais ça n’a pas été le cas…

Voilà pourquoi après un mois et demi de statut quo, avec en outre une majorité d’enseignants chercheurs qui faisait cours - alors qu’ils  étaient eux-mêmes en grève - , nous avons décidé de durcir d’établir les piquets de grève comme nouveau moyen de pression.

Face à ce durcissement du rapport de force, visant à nous faire entendre au niveau national malgré le mutisme de la présidence de l’université, la réponse est restée la même : le silence.

Pourtant il y avait deux solutions pour éviter le prolongement intempestif des piquets :

En effet, M. Filâtre et ses conseils, tout comme le gouvernement, auraient pu répondre au rapport de force soit en favorisant la discussion, soit en durcissant leur réponse face aux piquets avec concrètement l’intervention des CRS ou autres répression significative. Mais on ne tient pas une politique si transparente de nos jours, surtout quand on risque d’accéder aux revendications du peuple ou de se mettre en porte à faux avec la bienséance. Voilà comment le gouvernement, M. Filâtre & cie ont choisis une troisième voie : celle du pourrissement. L’AG  étudiante de l’UTM a tant que possible dénoncé une telle politique dont les victimes ne pouvaient être que nous. Mais tout étant encore a gagné, nous n’allions pas céder par lassitude !

C’est alors que, suivant la logique du pourrissement, gouvernement et présidence ont voulu faire pression sur le mouvement avec les examens. 

Mais face à ce chantage, l’AG étudiante a préféré la lutte et la solidarité plutôt que de céder devant le stress des examens. Il faut signaler à ce stade que c’est un évènement historique que le fait de dépasser ainsi la question des examens et de lui préférer ses convictions politiques !

Le rapport de force étant maintenu, l’AG a demandé la validation automatique du semestre qui était la solution la plus égalitaire étant donné qu’une majorité d’étudiants n’avait pas eu les cours, et que leur rattrapage aurait été problématique pour les plus fragiles d’entre nous – notamment les personnes en situation précaire qui travaillaient et n’auraient pu assister à tous les cours, les étudiants handicapés etc.-

Cependant, le Conseil d’Administration (CA) a refusé d’adopter une telle politique, à la place la proposition fut des examens en juin…

Au vu de ce qui s’est passé au niveau national cette année, l’AG a maintenu les piquets de grève pour deux raisons: nous voulions par là, d’une part maintenir le rapport de force pour nos revendications locales,  et d’autre part exiger des garanties sur ces examens qui posaient pour nous les mêmes problèmes d’équité que le rattrapage des cours… Mais le CA n’a apparemment pas les mêmes cas de conscience que nous… Comment dans de telles conditions pouvions-nous enlever les piquets ? En faisant confiance à une présidence qui ne fait pas le moindre pas vers nous pour mettre un terme à cette crise ?

Le silence a donc duré, et la session de juin n’a plus convenu aux membres du CA ; ils ont donc pris la responsabilité de mettre les examens en septembre. Nous étions donc face aux mêmes problématiques que pour la session de juin, à ceci près que les étudiants lésés par cette politique seraient plus nombreux…

Pour connaître les décisions du CA les étudiants venus pour l’AG du 2 juin, ont décidé de la reporter au 5 juin, mais la situation à cette date était légèrement différente.  En effet, pressés notamment par Darcos qui voulait « la tête du Mirail »,  M. Filâtre et M. Boisseau ne nous ayant donné, pour toute avancée, que leur assurance que tout se passerait au mieux dans le meilleur des mondes, en gage de leur bonne fois nous ont gentiment envoyé le 3 juin à 5h du matin les CRS.

Il faut signaler encore une fois que jusqu’à Pêche, le précédent président de l’université, les CRS n’avaient jamais mis les pieds sur le campus, et la présidence n’attendait pas de telles extrémités pour venir s’exprimer en AG étudiante.

Un article un peu long… qui avait pour ambition d’expliquer comment, d’indifférence en refus, présidence de l’UTM et gouvernement ont laissé s’établir les piquets ; et comment après quatre mois de silence, ils ont pu crier au jusqu’au-boutisme des étudiants en lutte, et justifier ainsi l’envoi des CRS et des maîtres chiens sur le Mirail notamment pour les faire céder.