Suite aux mouvements étudiants de 1995, les associations étudiantes de l'université Paul Sabatier avaient obtenue en 1997 la création d’un Centre d’Activités Polyculturel sur le campus, la salle Le CAP. Il s’y déroulent de nombreuses activités de spectacle vivant : théâtre, concerts, danse, expositions, spectacles pour enfants, chants, lectures, conférences, bals, orchestres... Plus de quatre-vingts manifestations s’y sont déroulées cette année.

Alors que près des 28 000 jeunes étudient à Paul Sabatier, et que 5 000 vivent aux alentours, le CAP est un véritable lieu d’accès et d’ouverture à la culture. Les associations étudiantes se sont posées le principe de rendre cette salle et ses activités accessibles à tous, la place de concert ne dépassant pas cinq euros, celle de théâtre trois euros.

Et plus de cela, l’organisation d’évènements au CAP permet de renforcer le tissu associatif de Paul Sabatier, et participe à la mission d’enseignement de l’universités, qui a vu naître des vocations à la salle du CAP.

Les activités de cette salle sont reconnues par l'ensemble des acteurs universitaires et associatifs toulousains : le PRES, les associations de l'INP, de l'IEP, du Mirail, de l'INSA s'associent à celles de Paul Sabatier afin de développer des liens interuniversitaires.
Lieu central de l’activité associative sur Paul Sabatier, seule fac en France à posséder une telle salle, elle avait déjà été au centre d'une mobilisation, en 2005, qui avait vu une occupation de la salle pendant 3 mois, afin de demander la sauvegarde du poste de technicien qui devait être supprimé.

Cependant, la salle du CAP est menacée ! Elle pourrait se transformer en une salle de concerts pour des organisateurs privés, avec des tarifs autrement plus chers, et une programmation qui ne serait plus décidée par les associations étudiantes.

Rappel des faits : le CEVU du 12 mai a constaté que la salle du CAP n'a pour l'instant pas de licence entrepreneur, et est donc dans l'illégalité vis-à-vis des concerts qui s'y passent. Du coup, il a été décidé de prendre la licence 1, qui permet d'organiser six concerts (cachets) par an et par personne morale (association), mais pas la licence 3, qui elle permettrait de faire autant de concerts que l'on veut (et donc de légaliser les activités actuelles). Sachant que la licence 3 ne coûte rien de plus que la licence 1 (juste un dossier à remplir), et que certains administratifs nous disent que la salle du CAP est « la verrue de la fac », il semblerait bien qu'il y ait derrière cette décision des raisons plus politiques que pratiques... avec la volonté, une fois les assos limitées à six cachets par an, de remplir la programmation par des locations à des opérateurs privés.

Ainsi, on a pu entendre que « Au CAP, les gens qui ont l'ISF ne peuvent pas y entrer », comme nous l’a dit Marc-Gabriel Boyer, le chargé de mission « fondations universitaires », dont le boulot est de gérer les partenariats avec le privé (monsieur LRU, donc).
Les associations et syndicats de l’université Paul Sabatier se sont mobilisés, afin de présenter un front commun au CA du lundi 8 juin, avec la proposition de demander la licence 3 pour régulariser et continuer les activités actuelles du CAP. Le message fort donné par les associations de Paul Sabatier a poussé le CA à se poser la question de l’adoption de la licence 3. Cependant, seule la demande de la licence 1 a été actée, un groupe de travail étant censé discuter de l’adoption de la licence 3.

Les semaines qui viennent sont ainsi cruciales pour la suite des activités à la salle du CAP. Les associations et syndicats devront donc maintenir la pression pour que le groupe de travail ait bien lieu. De plus, le prochain CA un CA d’été : le 6 juillet. Rien de tel pour prendre des décisions quand les représentants étudiants ne sont plus disponible... Mais les associations, syndicats et étudiants mobilisés de Paul-Sabatier garderont le CAP !

Voir aussi : les activités de la salle du CAP.