En 2015, les lois et décrets contestés en 2009 sont appliqués ; plongeons nous dans la vie universitaire : 2015, l'odyssée de la fac.
Dans le premier épisode, l'étudiant 21520567, après avoir suivi un cursus secondaire qui manquait de moyens (humains), a dû s'inscrire en licence OGM faute de moyens (financiers). Nous le retrouvons aujourd'hui pour la suite de ses aventures...
« Et en effet,
l'immense avantage d'avoir choisi une licence sponsorisée, c'est que
j'ai pu étudier dans la fac la mieux dotée de la ville. Les locaux
ont été rénovés récemment par Bouïgue, contrairement à ceux de
la fac de lettre, en face. »
Depuis l'application de la LRU, l'état s'est désengagé des facs, en expliquant que les universités recevront des capitaux des entreprises, via les fondations mises en place dans les universités. Mais les entreprises – hors crise financière – préfèrent investir dans les universités « rentables » (économie, science) que dans les facs de lettre.
En plus, des politiques telles que le plan Campus ont permis de rénover les facs qui étaient déjà les mieux cotées, au détriment des universités les plus petites ou de celles considérées comme moins rentables.
« À la machine à
café, on pouvait aussi récupérer nos emplois du temps, nos notes
et le calendrier des examens. C'est pratique, on n'avait pas besoin
d'être dans tel bureau à des horaires pas possibles, par contre il
fallait payer, et j'avoue que je n'ai pas toujours pu connaître mes
notes. »
Depuis que la ministre à l'origine du système universitaire actuel, Valérie Pécresse, a déclaré que le personnels BIATOSS de catégorie C « n’est pas au cœur des préoccupations de l’université », les secrétaires pédagogiques ou les personnels administratifs et techniques ont vu leurs emplois supprimés, pour que leur travail soit assuré par des entreprises externes, celles-ci ayant du personnel... plus rentable.
« Premier cours en
amphi : notre prof avait l'air de connaître son sujet ! Il
nous a expliqué qu'il travaillait à la fac pour son entreprise,
Monsantôh, et que les recherches sur les OGM avaient énormément
progressé depuis que les enseignants-chercheurs étaient payés par
Monsantôh. J'ai été très intéressé par le côté humaniste de
cet enseignants, qui expliquait comment le problème de la faim dans
le monde allait enfin bientôt être résolu. »
Depuis la LRU, les facs sont financées par des dons « désintéressés » des entreprises. Et cela va de paire avec le changement de la constitution des conseils centraux, tels le Conseil d'Administration, qui décident du fonctionnement de l'université, où les « personnalités extérieures » – bien souvent des chefs d'entreprises, ont pris une place importante. Maintenant, il est courant de voir des entreprises donner des fonds aux facs, afin qu'elles leur servent de laboratoires de recherche et développement, et qu'elles forment leurs futurs employés.



On en parle au terrier