Le gouvernement, les médias ou encore des collègues entretiennent l’idée que des avancées significatives ont été obtenues. Il s’agit d’une contre-vérité flagrante. Le décret enseignant-chercheur n’a pas été “entièrement réécrit” contrairement à ce qu’avait demandé F. Fillon et a été adopté au Conseil des Ministres du 22 avril après un passage en force à la CTPU et la CSFP (2 représentants syndicaux sur 35 ont voté pour) ; voilà ce que l’Elysée appelle “une concertation approfondie”.
Malgré un léger rééquilibrage en direction du CNU, le texte “revu” consacre toujours l’omnipotence du président d’université et du CA et fait de la modulation des services (forcément à la hausse) un outil au service d’une université pensée selon les seuls critères d’une gestion purement comptable selon laquelle l’enseignement n’est plus une fin en soi mais simplement une variable d’ajustement budgétaire. La réforme du recrutement et de la formation et des enseignants (mastérisation) est seulement reportée (faute de maquettes !). Les quelques aménagements apportés maintiennent l’esprit général de cette réforme et ne font qu’ajouter un surplus de confusion.
De plus, en court-circuitant l’AERES pour la validation des quelques maquettes parvenues au ministère, le gouvernement affiche son mépris pour ce qu’il a lui-même mis en place et la nomination d’une commission Marois-Filâtre est un aveu que les choses sont inacceptables en l’état mais le délai imparti à cette commission (conclusions au 15 juillet) trahit l’absence de volonté d’engager un vrai dialogue. La seule réponse apportée à la demande d’un plan pluri-annuel de création d’emplois statutaires a été la réaffectation dans les organismes de recherche des 130 emplois (en compensation des chaires d’excellence) dans le seul but de calmer la grogne grandissante dans les labos (et la menace de la démissions des directeurs d’unités) ; mais toujours rien concernant les 900 postes supprimés en 2009. Concernant le démantèlement des organismes de recherche, rien n’a été obtenu. Bien au contraire : l’annonce, début avril, de l’« Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et de la Santé » montre que ce démantèlement se poursuit au pas de charge.
Le gouvernement reste figé sur ses positions et dans ses intentions ; ceci explique que l’opposition aux réformes reste majoritaire dans la communauté universitaire. Pour occulter cette situation, l’ultime recours du gouvernement a été de faire un chantage sur la validation du second semestre et, au prix d’une hypocrisie de plus, de faire croire que les irresponsables sont les universitaires.
Etienne (MCf, MIG)



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