En 2015, les lois et décrets con­tes­tés en 2009 sont appli­qués ; plon­geons nous dans la vie uni­ver­si­taire : 2015, l’odys­sée de la fac.

L’étu­diant 21520567 entre à la fac ; nous avons choisi de sui­vre une par­tie de ses étu­des après la mise en place des réfor­mes « actuel­les ».

« Au lycée, c’était sympa, on était 45 dans la classe alors on se mar­rait bien sur­tout que le prof n’avait jamais vu d’élève et ne savait pas trop com­ment faire pour qu’on l’écoute… du coup on ne l’écou­tait pas. En plus il a démis­sionné au milieu de l’année (le flem­mard !), alors là c’était pres­que les vacan­ces… on a bien eu deux ou trois rem­pla­çants (vaca­tai­res ils appel­lent ça) mais aucun n’est resté plus de 15 jours. »

Suite à la mas­te­ri­sa­tion des con­cours de l’ensei­gne­ment et la dimi­nu­tion de la durée du stage pra­ti­que des IUFM de 1 an à 108 heu­res, les jeu­nes pro­fes­seurs ont beau­coup moins d’expé­rience péda­go­gi­que. De plus, les clas­ses sont sur­char­gées à cause des sup­pres­sions de pos­tes d’ensei­gnants, en par­ti­cu­lier cel­les indui­tes par la dis­pa­ri­tion des sta­ges.

« Le jour de mon ins­crip­tion à la fac, je pou­vais enfin choi­sir mon orien­ta­tion !  Je me pro­je­tais bien en his­toire. Seu­le­ment, mes parents n’ayant pas les moyens de me payer ce diplôme, à l’entre­tien j’ai dû opter pour la licence OGM : on m’a expli­qué que c’est exac­te­ment ce qu’il me faut. »

Der­rière la loi LRU et le mot « auto­no­mie » se cache un désen­ga­ge­ment finan­cier de l’État et une dépen­dance aux fonds pri­vés. Pour com­bler les bud­gets insuf­fi­sants, notam­ment pour les filiè­res peu ren­ta­bles, les uni­ver­si­tés ont aug­menté leurs frais d’ins­crip­tion. Au con­traire, les filiè­res plus ren­ta­bles ont reçu des finan­ce­ments pri­vés. En plus de l’iné­ga­lité sociale qu’entraîne des frais d’ins­crip­tion éle­vés, les facs dési­reu­ses d’avoir une « bonne image » auprès des entre­pri­ses ont inté­rêt à avoir de bons taux de réus­site… en évi­tant les « étu­diants indé­si­ra­bles ».

« Lors de l’ins­crip­tion, on m’a dit d’aller voir au CROUS pour avoir des aides finan­ciè­res. Mais une fois là-bas, la dame m’a dit que mes notes étaient insuf­fi­san­tes pour avoir droit aux bour­ses, qui sont réser­vées aux meilleurs étu­diants. Par con­tre, on m’a très bien con­seillé sur les prêts étu­diants… prêts que je rem­bourse tou­jours. »

Depuis l’appli­ca­tion du rap­port Lam­bert, l’état s’est désen­gagé finan­ciè­re­ment des CROUS qui sont cen­sés trou­ver leurs res­sour­ces par leurs pro­pres moyens (aug­men­ta­tion du ticket RU et des loyers des loge­ments uni­ver­si­tai­res). Les bour­ses ne sont donc plus attri­buées aux élé­ments les plus pau­vres mais à ceux ayant les meilleurs résul­tats sco­lai­res pour amé­lio­rer le rayon­ne­ment inter­na­tio­nal des uni­ver­si­tés. Les étu­diants sont pous­sés à faire des prêts dont l’état se porte garant mais qui ne sont plus à taux 0.

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